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Christophe Mazzola, Être en cybersécurité

  • Photo du rédacteur: nicolasverdier
    nicolasverdier
  • 25 juil.
  • 2 min de lecture

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Dans Être en cybersécurité, Christophe Mazzola ne s’adresse pas aux experts, ni aux initiés des langages cryptiques de l’informatique. Il s’adresse à vous, à moi, à chacun d’entre nous. Il le fait avec une acuité rare et une clarté presque dérangeante, comme lorsqu’un miroir nous renvoie l’image de nos propres négligences numériques. À l’heure où nos vies sont imbriquées dans le réseau, où chaque clic, chaque photo partagée, chaque mot de passe recyclé peut devenir une porte d’entrée pour des menaces invisibles, cet essai prend une ampleur inattendue.

L’auteur, fort d’une expérience concrète dans l’audit des institutions publiques et la formation à la sécurité numérique, choisit de ne pas céder à l’alarmisme facile. Il opte pour la pédagogie, la nuance, le bon sens. Son style, direct mais jamais sec, lucide mais jamais désabusé, accompagne le lecteur dans un véritable parcours de sensibilisation, voire d’éveil. Le livre débute comme une enquête sociologique et se poursuit comme un manuel de survie numérique. On y apprend à détecter une tentative de phishing comme on apprendrait à lire entre les lignes d’un roman à clés.Mais ce qui distingue réellement cet ouvrage des autres productions du genre, c’est la place qu’il accorde à l’humain. La cybersécurité n’est pas ici une affaire de protocoles et de logiciels, mais d’émotions, de réflexes, de biais cognitifs. Mazzola rappelle que les pirates ne s’introduisent pas seulement dans les machines : ils s’introduisent dans les esprits. Par distraction, par confiance mal placée, par stress, nous devenons nos propres failles. Dès lors, le livre prend une dimension presque philosophique : se protéger, c’est d’abord se comprendre.

Le parallèle que l’auteur tisse entre nos comportements numériques et notre hygiène de vie est particulièrement frappant. Tout comme on apprend à manger sainement ou à verrouiller sa porte le soir, il faudrait apprendre à penser “cybersécurité”. Et si ce changement de posture peut paraître exigeant, Mazzola le rend accessible, presque naturel, en balisant le chemin avec des exemples, des outils, et surtout un discours déculpabilisant.Être en cybersécurité est un essai qui se lit autant qu’il s’utilise. Il est à la fois un diagnostic et une feuille de route. Il se feuillette comme un guide, mais se médite comme une réflexion sur notre époque. Il devrait être diffusé dans les établissements scolaires, offert aux jeunes adultes, conseillé dans les entreprises, intégré aux bibliographies des sciences sociales autant que des filières informatiques.

À l’heure où notre “identité numérique” nous précède parfois dans les entretiens d’embauche, dans les relations personnelles, dans les systèmes de santé ou les administrations, ce livre rappelle une chose essentielle : il est encore temps de se réapproprier notre présence en ligne. Et ce faisant, de redevenir pleinement acteur de notre liberté.

En définitive, Être en cybersécurité est un ouvrage doublement précieux : pour ce qu’il nous apprend, et pour ce qu’il nous oblige à voir. Un livre utile, intelligent, et plus littéraire qu’il n’y paraît.


 
 
 

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